Je n’ai pas,
hélas ! l’honneur, ni le privilège de bénéficier des avantages du salon
d’honneur de notre hangar national, encore moins d’une flèche pour mes
déplacements, toutefois du haut de mon statut de citoyen ordinaire, une
utilisation décente des espaces de l’aérogare, ou des feux rouge devrait être tout aussi ordinaire pour des gens de mon acabit. La
gestion de l’aérogare reflète une mauvaise image des Sénégalais,
surtout lorsque l’on connaît les standards internationaux dans ce
domaine. Un « peuple » hétéroclite a complètement colonisé l’espace :
vendeurs à la sauvette, trafiquants en tout genre, mendiants, déficients
mentaux …que sais-je encore.
mercredi 28 décembre 2011
EN « DALTONIE »
14:37
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Imaginez
un instant le regard inquiétant et méprisant que les étrangers de
passage doivent porter sur nous. Surtout que les taxis en fin de
carrière servent de berlines pour relier le centre ville. Quelles
techniques d’accueil pour un pays à vocation touristique. Le
syndrome Sénégalais est passé par là. Sandaga, ce n’est pas qu’un
marché, c’est un état d’esprit. Le mode de gestion de l’espace rural est
entrain de détruire Dakar. Lieu de travail, lieu de vie, lieu de loisir
dans un même espace. L’indifférenciation des espaces induit donc,
logiquement une continuité et une confusion des activités. Espace public ne signifie pas pour nous espace à partager, c’est plutôt un no mans land , il appartient à personne, chacun en fait ce qu’il veut. Mais
au delà de l’analyse explicative, il me semble que ce dont nous
souffrons le plus dans ce pays c’est le laissez aller, pire c’est le
« laissez-deux » les adeptes de la petite reine sauront se reconnaître.
Les droits et les privilèges que nous confère notre poste de travail,
alors ça ! on ne rigole pas avec, par contre les devoirs et les
responsabilités c’est pour les autres.
De
fil en aiguille personne n’est responsable de rien, la conséquence qui
en découle est l’existence de toute une filière de propagation des
missions non assumées. Pour
rester dans l’air du temps je m’accroche au titre d’une récente pièce
de théâtre intitulé « feux rouge » qui d’après la trame symbolise
l’espoir pour les mendiants qui peuplent notre capitale. Au sens propre
les feux de circulation routière constituent un dispositif permettant la régulation du trafic routier entre les usagers de la route, les véhicules et les piétons.
Chez nous, il représente un miroir avec des effets grossissants des
perturbations mentales, socio-économiques et culturelles de notre
société. Les sociologues analyseraient le phénomène comme un lieu de
régulation sociale, c’est la sécurité sociale version Sénégalaise. Mais,
puis que le regard dépend de la position de l’observateur, je me
permettrai d’avoir une autre lecture tout en partageant l’analyse
précédente. Vous
avez certainement remarqué comme moi, qu’il n’existe plus de feux rouge
au Sénégal, la faute est entièrement imputable aux autorités étatiques.
Mais l’explication la plus frappante pour moi relève de l’ordre du
psychisme. En effet depuis l’an 2000 le pays est installé dans un
système de course poursuite, de camouflage et de chienlit. Or le feux
rouge impose l’ordre : il faut s’arrêter, mais s’arrêter devient un
risque social pour quel qu’il qui fuit le regard des autres. Donc il
faut une flèche pour que tous les feux rouge devienne vert, mais le
problème se complique lors que tous les chefs et les sous chefs
procèdent de la même manière, alors le privilège fonctionne sous le mode
de la loi normale. Nous avons simplement fini par banaliser les feux rouge au point de les détruire.
Ainsi nous sommes devenus tous des daltoniens, nous voyons partout du vert à la place du rouge. Entre
nous, les yeux dans les yeux je ne crois pas, alors pas du tout, au
développement du Sénégal avec un tel mode de management. Certains
disent que les Africains ne sont pas responsables, je souscrits
entièrement à cette affirmation, mais en rajoutant que ce sont d’abord
les responsables qui ne sont des responsables. Il me semble que la
meilleure des répliques, c’est d’avoir des comportements responsables de
l’ouvrier au Président de la république, tout le reste n’est que pure
théorie.
Baye Ibrahima DIAGNE
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