Il
a existé de grands empires en Afrique de l’ouest, Mandingue, Ashanti,
Macina…Par contre l’espace géographique appelé aujourd’hui Sénégal était
constitué de petits roitelets. Je me hasarde avec beaucoup
d’imprudence comme seuls savent le faire nous autres Sénégalais à
tenter une explication tirée par les cheveux pour dire que nous n’avons
jamais connu un symbole organique intrinsèque unificateur de notre
diversité.
Alors arriva le grand blanc, qui nous a mis au pas et crée un monstre titanesque à l’image de la biblique levianthan : l’Administration.
Le
grand blanc en avait une conception centrale, car chez lui ça se
passait comme ça, un roi blanc avait décidé de tirer tous les fils pour
en faire un gros noeud.
Ainsi l’administration Sénégalaise a été conçue pour répondre aux exigences de contrôle de la puissance tutélaire.
Regarder
la fonctionner : lignes hiérarchiques toutes droites, inexistence de
logique matricielle, taylorisme (émiettement exagéré des tâches),
complexification paralysante des procédures, l’impersonnalité
pernicieuse et pour finir l’insuffisance de la culture de résultat.
Rajoutée
à cela, la sauce piquante Africaine, le monstre carbure alors avec ses
deux mamelles nourricières qui rendent souvent la chose indigeste.
Pour
créer une entreprise au Sénégal il fallait une dizaine de procédures,
le tout bouclé en une soixantaine de jours. Aujourd’hui le parcours est
ramené à 48 heures avec deux procédures, suite à un petit re-engineering
du process et dire qu’il y a des dizaines de cas similaires qui
oblitèrent le développement du pays. Qu’est-ce qui nous empêche de
mettre à plat notre système administratif et de l’orienter uniquement
développement.
Le
premier gros chantier du prochain président de la république est à coup
sûr le remodelage de l’administration, s’il ne le fait pas il échouera.
Nous nous targuons d’avoir l’une des meilleures administration d’Afrique à quelle fin ?
Têtes
bien faites, mains gauches, l’ENAM a produit toute une génération
d’administrateurs civils qui ont accaparé toutes les stations de
décisions jusqu’au management des entreprises publiques, le résultat se
passe de commentaires.
Avant
j’étais persuadé qu’ils agissaient ainsi parce qu’ils étaient pas bien
payés, aujourd’hui je mets un bémol à cette hypothèse, car sur beaucoup
de postes de cadres l’administration a fait un bond appréciable, et
pourtant les mêmes comportements demeurent. C’est dire que cette
atrophie comportementale trouve son origine dans les structures
organisationnelles, physiques, et mentales de l’administration.
Le
génie de ce monstre a été de créer un système d’autodéfense imparable à
travers une sémiologie difficilement compréhensible pour un non initié,
c’est la chose publique avec ses lois, ses décrets, arrêtés, son
système de numérotation et autres formules magiques.
Le
système fonctionne pour lui-même, c’est le but de son existence, il
s’auto-entretient, oubliant ainsi que tout système fermé est voué à
l’échec, n’est-ce pas la première lois de la thermodynamie ?
Nous restons cramponner à la dualité de notre passé, surtout celui hérité des Français, l’élite pour convaincre cite toujours
la France comme référence, alors que je trouve personnellement que l’administration française est vieillotte.
la France comme référence, alors que je trouve personnellement que l’administration française est vieillotte.
Faisons
preuve de mobilité intellectuelle, voire conceptuelle pour créer des
systèmes à nous, qui partent de nos réalités et surtout de nos objectifs
stratégiques.
Et si Sarkozy avait raison…..






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