lundi 26 décembre 2011

Le Syndrome de la possession

Le Syndrome de la possession
 

L’Africain ne voyage pas il déménage, on a coutume de dire. Chez nous, le décoration de certaines maisons donne le tournis quatre salons, deux téléviseurs et tutti quanti…C’est vrai qu’ ici même nos fous ont énormément de bagages par devers eux, ce délire possessif  tient probablement de l’ordre du psychisme.
Le chef d’entreprise voyage en première, logent dans des grands hôtels, le salarié dépense plus que son salaire, le train de vie de l’Etat est supérieur à celui des nations développées, toutes proportions gardées alors que tous le monde sait que nous sommes des pauvres qui jouons aux riches.
Le chef veut tout posséder, les symboles, les pouvoirs et les avantages matériels, mais jamais les responsabilités et toutes les responsabilités. Quand ça ne va pas, c’est toujours l’autre. C’est la faute à l’étranger il est vrai que nous avons toujours perdu dans cette relation d’esclaves nous sommes devenus colonisés, mais notre génération n’a pas vécu cette époque, même si les stigmates sont toujours là. L’étranger peut être aussi le cousin, la co-épouse, le demi-frére, le collégue.
L’étranger, c’est bien sûr les langues, l’arabe et le français. Chacune d’elle est véhicule d’une religion dans une société qui parlait d’autres langues, alors il a fallu des médiateurs le marabout d’un côté et le politicien de l’autre. Ces deux tourtereaux se ressemblent tellement qu’ils leur arrivent de se confondre, il devient alors un marabout-politicien.
La langue à eux elle est de bois, ils adorent s’écouter parler pour ne rien dire ou de se dédire. Cette langue est un outil puissant de domination mentale, car l’auditoire n’y comprend que dalle, ne pouvant la décoder il préfére mettre sous tutelle ses fonctions célébrales.
Cette langue est celle de la possession physique, mentale et matérielle, ces tourtereaux s’érigent en solutionneurs de problèmes alors que leurs remèdes n’a d’égal qu’à leur goût immodéré de la jouissance.
Le profil socio-économique du pays est peu enviable : 63 % d’analphabètes, 68% de compatriotes vivent en dessous du niveau de pauvreté qu’on édulcore en parlant de « gorgorlu ». 75% de la population ont moins de 25 ans, il n’est donc pas étonnant qu’ils se jettent à la mer dans l’hypothétique espoir de compter un jour parmi ceux qui « possèdent ».
Comme nos fous, notre pays possèdent tellement d’objets clinquants et alourdissants pour se faire voir, qu’on ne les voit plus car ils font partie du décor.
                                                             Baye Ibrahima DIAGNE

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