mercredi 28 décembre 2011

L’univers des mutants


 1990-2005 : La photo d’avant et après renvoie à 15 ANS d’une lancinante mutation. 
Photo 1  avant : La banque Sénégalaise hautaine et altière attendait que ses usagers  viennent vers  elle, au point que jeune, je pensais que les banques fabriquaient l’argent, qu’elles n’avaient pas besoin de bénéfices et que les gens étaient obligés d’aller jusqu’à Dakar  pour toucher leur salaire. 
Photo 2 après : Suite à une cure de jouvence, elle est devenue moderne et bien sûr plus modeste car elle va vers ses clients, c’est la politique de la proximité du fait de la promiscuité dans le secteur. 
Ce changement tient en un seul mot : la concurrence, c’est dire qu’elle est facteur de progrès lors qu’elle est bien organisée. 
Tout le monde s’accorde sur l’impérieuse nécessité d’ouvrir notre économie, mais de quelle ouverture avons- nous besoin ? Cette assertion est souvent considérée comme un paradigme, une idée unique, sui généris qu’il faut soit partager ou au pire se taire. 
La tyrannie du couple « investissement/emplois » a fini de rendre myope les plus regardants. Le tourisme Sénégalais extravertie dont on  a tellement chanté ses louanges, allant jusqu’à le qualifier de secteur hautement stratégique, contribue de manière hautement négligeable à la formation de la valeur ajoutée nationale. 
L’investissement étranger, c’est très bien, mais elle doit accompagner et non déterminer une stratégie sectorielle. Au Sénégal la banque, les assurances sont essentiellement étrangères, d’autres secteurs sont également dans le cas similaire. 
Bien évidemment le secteur privé national n’y est pas exclu, mais une  discrimination positive renforcerait au moins leur présence, ceci pour simplement maîtriser notre politique économique et monétaire. Mêmes chez les chantres du libéralisme, les secteurs stratégiques à défaut d’être sous le contrôle des nationaux, ces derniers gardent leur pouvoir d’influence. 
Alors et le secteur privé national Sénégalais! Il lui reste encore beaucoup de bastille à prendre. C’est déjà bien que dans les BTP qu’il tient la dragée haute face aux multinationales : un fait rarissime en Afrique Noire. 
Dans l’industrie les nationaux sont quantités négligeables, il est vrai que nous n’avons pas une tradition industrieuse, toutefois avec le boom de l’immobilier nous importons des milliers de tonnes de carreaux, de plomberie, du matériel électrique…voilà une opportunité de créer des dizaines de PME/PMI : objectif clair, réaliste, cohérent et réalisable d’une politique d’industrialisation bien conçue. 

Baye Ibrahima DIAGNE

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