J’étais
lourdement vautré dans mon fauteuil pour suivre l’ouverture des jeux
olympiques à la télévision quand subitement surgit ce nid d’oiseaux tout
en feu. Je me suis dis catastrophe ! les chinois ont perdu les jeux.
Mon fils me répondit que c’était un feu d’artifice. Ouf ! à la reprise
de mon esprit je me suis souvenu que les feux d’artifice étaient une
invention chinoise.
Ils
ont réussi à mettre dans ce nid tous les grands chefs blancs pour leur
offrir un spectacle éblouissant de lumière, détonnant de sons, et dense
de technologie. Après l’émerveillement, place à l’inquiétude, ils ont
compris. Ils ont compris que la balle a changé de camp, plus de doute
possible la chine est la prochaine première puissance mondiale.
Que
dire de ce cube d’eau qui abrite les piscines pour les épreuves de
natation: tout simplement croquant. Si j’avais à retenir des symboles
pour ces jeux, ils seront sans conteste l’eau et le feu.
Au
fait, avez-vous déjà vu un oiseau faire son nid, ce vertébré ovipare
dépourvu de dents est impressionnant de persévérance, de dextérité et
d’ingéniosité. Brindille par brindille il arrive à construire lentement
mais sûrement cet édifice complexe dans lequel chaque détail est d’une
grande importance. Cette petite partie d’un ensemble qu’est le détail,
est de manière irréfutable ce que déteste le plus les Sénégalais. En
effet il est courant d’attendre dire pour une raison ou pour une autre
« li détail la waay ». Cette répulsion du détail s’inscrit dans le
registre de la négligence et du désordre qui caractérise l’environnement
mental du Sénégalais.
Ainsi
pour l’artisan Sénégalais la finition de l’œuvre c’est un détail, les
feux de signalisation qui sont éteints partout au Sénégal (même les deux
récalcitrants qui étaient devant le palais ont rendu l’âme ), c’est un
détail jusqu’au ministre pour qui le temps est un détail. Dans un tel
contexte il n’est nullement étonnant que le budget national soit un
détail.
L’exécution
du budget national reflète de manière remarquable encore une fois le
comportement sénégalais face à l’argent. Cette obsession du paraître
nous pousse forcément vers des comportements déviants d’une répétition
pratiquement névrotique. Nous détournons, distribuons, dépensons
facilement l’argent d’autrui pour se faire voir. Nous empruntons, nous
quémandons, nous mentons, pleurons, nous courbons l’échine, tous ça pour
paraître.
Par contre le paraître à
la Sénégalaise, c’est du détail qui est devenu une grande partie de l’ensemble.
la Sénégalaise, c’est du détail qui est devenu une grande partie de l’ensemble.
La
leçon que chaque Sénégalais devrait apprendre « par cœur » et afficher
dans tous les bureaux c’est que le développement c’est de grands efforts
sur de petits détail
Baye Ibrahima DIAGNE






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