Imaginez un pays de 12 000 000 d’habitants dans lequel
70% de la population sont des ruraux, ces derniers ne travaillant que
trois mois par an. En leur accordant les avantages de la modernité, on
considère qu’ils ont droit à un mois de congé. Si on adopte là aussi par
mimétisme la durée légale d’une journée de travail de 8 heures, le
total des heures non travaillées par cette masse laborieuse est de 8
400 000 X 8 X 2080h. Des millions et des millions d’heures perdues, de
jours perdus, d’années perdus, de siécles perdus. Si nous voulons la
preuve par trois empruntons à Ishango son bâton.
Ce pays
existe bel et bien, il se décline en sept lettres, et dans beaucoup de
mythologies le chiffre sept (7) est magique, mais vu le profil que
présente ce dernier on ne peut pas dire qu’il est sa clé du bonheur.
Déduction
tautologique, moins d’un tiers de la population travaille pour tout le
reste, avouons quand même que c’est invraisemblable pour un pays sous
développés, l’inverse est aussi recevable, c’est parce qu’on ne
travaille pas assez qu’on est sous développés.
Mr
Watson-le-Nobel s’est signalé cette semaine avec une déclaration
fracassante « les blancs sont plus intelligent que les noirs ».
Justement l’intelligence voudrait qu’on ne réponde pas à cette
aberration proto-scientique, mais cette posture ne devrait pas nous
disculper d’une nécessaire introspection.
Bien avant
gobineau et autres négationistes nous passions notre temps à démontrer
théoriquement que cette thése est une hérésie. Mais concrètement que
fait-on dans le continent le plus ensoleillé au monde, et dans lequel
l’énergie solaire est pratiquement inexistante ?
Et pourtant, que c’est au
Congo, que l’archéologue belge, Jean de Heinzelin de Braucourt, a
découvert, en 1950, la plus ancienne calculette préhistorique, connue,
aujourd’hui, sous le nom de bâton d’Ishango. Il
s’agit d’un petit os, datant de 20.000 ans av J.C., sur lequel figure
une série de nombres, et qui prouve que les Africains maitrisaient les
mathématiques bien avant tout le monde. Je
refuserai toujours de céder aux arguties des réfractaires de la
répétition. Oui notre continent est malade de ses leaders, le pire c’est
qu’ils se singent en pire de génération à génération.
Créons
d’autres bâtons pour inverser la tendance, pour que le paysans
travaillent au moins dix mois de l’an, pour être simplement dans l’air
du temps et être crédibles aux yeux du reste du monde.
Baye Ibrahima DIAGNE






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