mercredi 28 décembre 2011

"Sandakar"

San-da-ga, trois syllabes qui résument l’extrême déliquescence de notre urbanité, lieu symbolique et symptomatique du conflit que nous entretenons avec le sens de la rigueur et de l’organisation.

Ce bouillon de putréfaction, d’odeurs, d’eaux usées et même de feux encerclé d’immeubles ne sort pas de l’imagination d’un scénariste catastrophiste. C’est une image bien Sénégalaise de sa Capitale en 2007, à quelques encablures de la place de l’indépendance, du palais de la république, du siége du gouvernement, non loin de l’assemblée nationale…que de symboles !!! Aujourd’hui Sandaga a fait des petits partout à Dakar, personne n’ose lever le petit doigt. Tyrannie de la légèreté. Le raisonnement est simple, mais pas simpliste du tout : si les dirigeants de ce pays acceptent une cohabitation pacifique avec nous, quel autre énergumène ose arrêter notre expansion inexorable vers l’encerclement de la ville.
Cette familiarité étonnante que nous avons avec l’anormalité ne peut se justifier uniquement par la pauvreté, pour être provocateur je dirai aux scientifiques de rechercher dans notre code génétique.
Comme si nous n’avions jamais vécu le naufrage du Diola, pourquoi aimons-nous courtiser irrémédiablement le diable et inscrire ainsi notre quotidien dans la fatalité.
Regardez la mendicité à Sandakar, une véritable industrie polluante, les ébauches de solutions sont jusque là à doses homéopathiques alors qu’il faut des électrochocs, que dire de cette indiscipline choquante.
Cette situation est la résultante d’une chaîne d’irresponsabilités, en premier lieu le maire de Dakar, les ministres en charge du cadre de vie, de la sécurité publique, de la mobilité, de la santé et bien sûr Ramsès. Et dire qu’ils sillonnent le monde…
L’autorité des lois et règlements qui doit nous permettre de vivre dans un cadre policé, a été transformée en zone corruptogéne pour les fonctionnaires et politiciens.
Dons contre dons, vous nous mettez d’enfreindre les lois jusqu’à faire vaciller l’équilibre social, en retour je vous offre un bassin électoral/et ou financier, le tout dans un packaging religieux. De qui se moque-t-on ?
Les Ruraux Européens du 19 ème Siècle avaient quitté leur village pour remplir des usines, chez nous ils peuplent nos rues, comme pour dire « nous aussi nous existons vous nous avez confiné trop longtemps dans nos petits patelins, maintenant que nous n’avons plus rien à béqueter nous allons heurter vos consciences d’urbains ».
Le marketing externe dépend totalement du marketing interne, il faut vendre le Sénégal au Sénégalais, faites qu’ils soient producteurs de comportements positifs permanents, alors seulement nous pourrions faire le tour du monde pour aller à la chasse à l’investisseur.
Baye Ibrahima DIAGNE

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