Je
suis sûre que beaucoup de mes compatriotes n’ont pas eu la chance de
rencontrer au hasard de leur lecture ce mot d’une étrange apparence dans
le vocabulaire du Français du Sénégal. Et pourtant, ce mot traduit avec
une extrême justesse l’environnement Sénégalais dans sa globalité.
Depuis
une dizaine d’années les médias Européens, puis qu’ils ont le monopole
des thèmes, nous bassinent les oreilles avec le réchauffement
climatique, les gaz à effet de serre…Or nous ça ne nous concerne pas, la
mer n’a qu’a monté, la température idem, parce que nous sommes déjà
morts. Cabris mort n’a pas peur de couteaux.
Nous, la pollution qui nous fait le plus mal elle est verbale. Selon le très sérieux institut international d’études sur la pureté de l’air de vladiskof rien qu’à Dakar 1.5 milliards de paroles inutiles s élèvent chaque jour pour empêcher ses habitants de profiter de ce bienfait de la nature. De verbe elle passe sous le mode social en se déclinant en trois modèles :
- Le
modèle frustratif : c’est l’axe du mal. Son mode opératoire consiste à
dire du mal des biens des autres. Se faire du bien devient un mal. Une
belle voiture, une belle maison, un beau costume, font l’objet d’attaques non conventionnelles, pour ne pas dire des armes de destruction massive.
- Le
modèle redistributif ou l’axe de la manche : Il faut partager tout ce
qu’on a, même ce qu’on a pas. Toutes les idées sont bonnes, de
l’ordonnance au baptême, mariage, décès, tabaski, korité, noël, pâques,
nouvel an, même la bouffe. Dans un tel cadre de références celui qui ne
donne pas est sciemment déstabilisé en faisant appel à des sentiments
primaires comme la peur, le malheur.
- Le
modèle inquisitif : l’axe du Mensonge. Il devient flic, fouilles
vexatoires et indiscrètes sur le mode de vie. Ce qu’il faut dire ou ne
pas dire, où aller où ne pas aller, qui voir qui ne pas voir. Prie -t-il
ou pas ? Décidément nous aimons tellement dieu que nous en sommes
devenus ses fayots. C’est la négation du « je ».
Imaginez
que tous les gens qui vous matraquent ont pour seul objectif de vous
ligoter dans un tissu social pour mieux vous exploiter. De plus le plus
souvent ils sont assis sur un tas de m… Créant ainsi une pollution
olfactive.
Personnellement,
je pense que la pollution de l’environnement physique est moins
compliquée, parce qu’on peut la combattre. Mais la pollution mentale a
une capacité de destruction incommensurable, car ses émissions sont
invisibles, diffuses donc incontrôlables.
Baye Ibrahima DIAGNE






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