mercredi 28 décembre 2011

Le stoïcisme du pachyderme

  Dans le royaume de Féne-le-mensonge  il faisait bon vivre, les prairies étaient d’une verdure à couper le souffle. Les animaux étaient tellement repus qu’ils déambuler suivant un mouvement de balancier qui rappelait le très célébre déhanchement de diékk-la-drianké. Dans un tel environnement féerique, boure-le-roi ne pouvait qu’être d’un bonheur enivrant. Boure-le-roi dans sa magnanimité inégalée décida d’interdire d’immoler ni ovins, ni bovins, même pour la plus insignifiante des festivités il fallait égorger gnéye-l’éléphant. Que dis-je gnéye-le-milliard. Ce fut une extraordinaire chasse aux gnéye-le milliard pour un oui ou pour un non, toutes les occasions étaient bonnes pour s’en offrir. 

Gnèye-le milliard, malgré sa force titanesque n’a jamais opposé une résistance particulière au dessein macabre des habitants du royaume. Or, gnèye a toujours été  la clef de voûte de l’équilibre écologique du royaume. Sa taille et son comportement social l’ont amené  à construire de longues routes et des variétés d’habitats qui offrent un refuge à une multitude d’autres espèces animales.
De multiples espèces végétales ne peuvent prospérer que par l’effet de son comportement, certaines ne pouvant se reproduire qu’une fois leurs graines ayant circulé par son système digestif  soient rejetées dans ses déjections pour y germer finalement. La prospérité de la population de gnéye était donc un baromètre infaillible de la prospérité des autres espèces animales, végétales, des forêts, des cours d’eau, en fait de l’équilibre complet de l’écosystème dont ils font partie. Les années passèrent, la faune fut introuvable, la flore ne se portait pas mieux. Que dire des habitants qui devinrent rachitiques et faméliques. Boure-le roi était inquiet, il entreprit un voyage « à

la Manka Moussa » pour retrouver un gnéye pour en faire un élevage à grande échelle.   
Mais malheureusement la relation entre gnéye et l’homme était telle que son élevage  en captivité est toujours resté sans réel succès.
Boure-le-roi eut un coup de génie cette fois-ci « à la Einstein » : importer des bovins pour en faire des gnéyes. L’opération se révéla un échec cuisant, car après quelques années il se rendit compte que les bovins n’ont jamais pu faire pousser leurs défenses, or ce sont les défenses de gnéye qui lui avaient permis de constituer les bijoux de famille qu’il avait vendu lors de la première disette.

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