Dans le royaume de Féne-le-mensonge il
faisait bon vivre, les prairies étaient d’une verdure à couper le
souffle. Les animaux étaient tellement repus qu’ils déambuler suivant un
mouvement de balancier qui rappelait le très célébre déhanchement de
diékk-la-drianké. Dans un tel environnement féerique, boure-le-roi ne
pouvait qu’être d’un bonheur enivrant. Boure-le-roi dans sa magnanimité
inégalée décida d’interdire d’immoler ni ovins, ni bovins, même pour la
plus insignifiante des festivités il fallait égorger gnéye-l’éléphant.
Que dis-je gnéye-le-milliard. Ce fut une extraordinaire chasse aux
gnéye-le milliard pour un oui ou pour un non, toutes les occasions
étaient bonnes pour s’en offrir.
Gnèye-le
milliard, malgré sa force titanesque n’a jamais opposé une résistance
particulière au dessein macabre des habitants du royaume. Or, gnèye a toujours été la clef de voûte de l’équilibre écologique du royaume. Sa taille et son comportement social l’ont amené à
construire de longues routes et des variétés d’habitats qui offrent un
refuge à une multitude d’autres espèces animales.
De multiples espèces
végétales ne peuvent prospérer que par l’effet de son comportement,
certaines ne pouvant se reproduire qu’une fois leurs graines ayant
circulé par son système digestif soient rejetées dans ses
déjections pour y germer finalement. La prospérité de la population de
gnéye était donc un baromètre infaillible de la prospérité des autres
espèces animales, végétales, des forêts, des cours d’eau, en fait de
l’équilibre complet de l’écosystème dont ils font partie. Les
années passèrent, la faune fut introuvable, la flore ne se portait pas
mieux. Que dire des habitants qui devinrent rachitiques et faméliques.
Boure-le roi était inquiet, il entreprit un voyage « à
la Manka Moussa » pour retrouver un gnéye pour en faire un élevage à grande échelle.
Mais malheureusement la relation entre gnéye et l’homme était telle que son élevage en captivité est toujours resté sans réel succès.
Boure-le-roi eut un coup de génie cette fois-ci « à la Einstein » : importer des bovins pour en faire des gnéyes. L’opération
se révéla un échec cuisant, car après quelques années il se rendit
compte que les bovins n’ont jamais pu faire pousser leurs défenses, or
ce sont les défenses de gnéye qui lui avaient permis de constituer les
bijoux de famille qu’il avait vendu lors de la première disette.







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