mercredi 28 décembre 2011

TROIS MAIRES DANS LE VENT

  Ce jour là, un ordre professionnel organisait ses assises annuelles dans un hôtel luxeux de la place. Dans un des ateliers dont le thème portait sur le management, un débat épique et fort intéressant eut lieu sur l’universalité du management. Al Demba appelons le ainsi, expert financier de son état fervent adepte de l’universalité jusqu’à l’extrême, nous faisait bénéficier des ineptes découvertes de ses lectures dominicales. Il ressort de ses pérégrinations intellectuelles que dans tous les continents les gourous du management des entreprises et organisations transnationales avaient établi une sorte de glossaire sur les caractéristiques du modèle de management dans chaque pays . La page Africaine fut renversante « rythmes & drums », le choc de Al Demba n’avait d’égale que  son aversion sur le lien possible entre nos valeurs culturelles et le management.

Peine perdue, cette théorie avait déjà fait une victime rien qu’à la lecture, ainsi, il eut l’oreille
très dure et  le verbe très haut lorsque je pris l’initiative de lui expliquer qu’aucun modèle n’est neutre. Ces écrits sont souvent l’œuvre d’éthnocentriques qui procèdent sur le mode de la réduction lorsqu’il s’agit de parler de notre continent.
Oui Al Demba, le management compris en tant l’ensemble des outils et techniques utilisés par un groupe donné  dans un contexte donné pour bien diriger une organisation au sens large, est bel et bien universel. Ce qui ne l’est pas ce sont les méthodes et modes utilisés pour arriver à bien gérer une organisation. Ecoute Al Demba, je te donne un exemple très simple, sur tous les continents, tout être humain ressent le besoin de manger, de se vêtir de se loger…
Donc, par analogie on peut dire que manger est un phénomène universel, par contre la manière de manger est fortement différente ( à la main, avec des baquette, à la fourchette …).
La question du management des organisations contemporaines en Afrique, c’est qu’elles ont été importés et implantés avec des outils sans ancrage culturel. Le débat remplirait à suffisance une centaine de page, alors que je n’ai qu’une seule page pour l’édito, tu retiendras en guise de méditation les modèles Japonais, Chinois, Indiens, Coréens tu m’en diras des choses.  
La transition viendra plus tard, un animateur nous a offert sur un plateau de télévision trois maires d’arrondissement de la région de Dakar pour expliquer au public leur utilité. CATASTROPHIQUE. Pendant toute la durée de l’émission, la chansonnette était qu’ils n’ont aucun pouvoir, ils ont les mains, l’avant bras et le bras liés, victimes de la loi de 1996 sur la décentralisation.Ce qu’ils ne disent pas c’est qu’ils ne sont pas de bons managers, ainsi dans l’écrasante majorité des mairies plus de 80% du budget est dans le fonctionnement (salaires, véhicules….) et bien sûr le reste dans le  « rythmes&drums ». Ca vous dit quelque chose  l’ajustement structurel messieurs les maires ?
Si les textes votés par l’assemblée nationale pour rendre plus efficace l’administration vous empêchent de travailler alors vous devez démissionner ou faire une pression sur l’Etat pour qu’il revoie sa copie. A mon avis la loi a certes des imperfections, mais elle a le dos trop large.
Le management, c’est surtout le couple responsabilités/résultats, messieurs les élus vous trouverez toujours les moyens d’être réélus au prix de sacrifices insoupçonnés. Si vraiment vous êtes là pour la collectivité quand les rues de vos communes sont sales, poisseuses et sablonneuses et boueuses  , sortez la même armée que lorsqu’il s’agit de renouveler vos mandats. SOYEZ REACTIFS A DEFAUT D’ETRE CREATIFS.
L’opposition management public/privé est une vision de l’esprit des sectaires. Il n’y a de différences que les contraintes spécifiques de part et d’autre qu’il faut intégrer dans la problématique.
Encore faudrait-il que l’objectif reste la performance socio-économique de nos organisations.       

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