Ce
jour là, un ordre professionnel organisait ses assises annuelles dans
un hôtel luxeux de la place. Dans un des ateliers dont le thème portait
sur le management, un débat épique et fort intéressant eut lieu sur
l’universalité du management. Al Demba appelons le ainsi, expert
financier de son état fervent adepte de l’universalité jusqu’à
l’extrême, nous faisait bénéficier des ineptes découvertes de ses
lectures dominicales. Il ressort de ses pérégrinations intellectuelles
que dans tous les continents les gourous du management des entreprises
et organisations transnationales avaient établi une sorte de glossaire
sur les caractéristiques du modèle de management dans chaque pays . La
page Africaine fut renversante « rythmes & drums », le choc de Al
Demba n’avait d’égale que son aversion sur le lien possible entre nos valeurs culturelles et le management.
Peine perdue, cette théorie avait déjà fait une victime rien qu’à la lecture, ainsi, il eut l’oreille
très dure et le
verbe très haut lorsque je pris l’initiative de lui expliquer qu’aucun
modèle n’est neutre. Ces écrits sont souvent l’œuvre d’éthnocentriques
qui procèdent sur le mode de la réduction lorsqu’il s’agit de parler de
notre continent.
Oui Al Demba, le management compris en tant l’ensemble des outils et techniques utilisés par un groupe donné dans
un contexte donné pour bien diriger une organisation au sens large, est
bel et bien universel. Ce qui ne l’est pas ce sont les méthodes et
modes utilisés pour arriver à bien gérer une organisation. Ecoute Al
Demba, je te donne un exemple très simple, sur tous les continents, tout
être humain ressent le besoin de manger, de se vêtir de se loger…
Donc,
par analogie on peut dire que manger est un phénomène universel, par
contre la manière de manger est fortement différente ( à la main, avec
des baquette, à la fourchette …).
La
question du management des organisations contemporaines en Afrique,
c’est qu’elles ont été importés et implantés avec des outils sans
ancrage culturel. Le débat remplirait à suffisance une centaine de page,
alors que je n’ai qu’une seule page pour l’édito, tu retiendras en
guise de méditation les modèles Japonais, Chinois, Indiens, Coréens tu
m’en diras des choses.
La
transition viendra plus tard, un animateur nous a offert sur un plateau
de télévision trois maires d’arrondissement de la région de Dakar pour
expliquer au public leur utilité. CATASTROPHIQUE. Pendant toute la durée
de l’émission, la chansonnette était qu’ils n’ont aucun pouvoir, ils
ont les mains, l’avant bras et le bras liés, victimes de la loi de 1996
sur la décentralisation.Ce qu’ils ne disent pas c’est qu’ils ne sont pas
de bons managers, ainsi dans l’écrasante majorité des mairies plus de
80% du budget est dans le fonctionnement (salaires, véhicules….) et bien
sûr le reste dans le « rythmes&drums ». Ca vous dit quelque chose l’ajustement structurel messieurs les maires ?
Si
les textes votés par l’assemblée nationale pour rendre plus efficace
l’administration vous empêchent de travailler alors vous devez
démissionner ou faire une pression sur l’Etat pour qu’il revoie sa
copie. A mon avis la loi a certes des imperfections, mais elle a le dos
trop large.
Le
management, c’est surtout le couple responsabilités/résultats,
messieurs les élus vous trouverez toujours les moyens d’être réélus au
prix de sacrifices insoupçonnés. Si vraiment vous êtes là pour la
collectivité quand les rues de vos communes sont sales, poisseuses et
sablonneuses et boueuses , sortez la même armée que lorsqu’il s’agit de renouveler vos mandats. SOYEZ REACTIFS A DEFAUT D’ETRE CREATIFS.
L’opposition
management public/privé est une vision de l’esprit des sectaires. Il
n’y a de différences que les contraintes spécifiques de part et d’autre
qu’il faut intégrer dans la problématique.
Encore faudrait-il que l’objectif reste la performance socio-économique de nos organisations.








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